février 3, 2015 Djeffa TISSERAND

Un mot magique

« Et ça t’arracherait la bouche de dire « merci » ?

Combien de fois n’avons-nous pas été offusqués de l’absence de retour, de ce tout petit retour, ce petit mot magique ?

Parce que lorsqu’on donne quelque chose à un enfant, il se doit de remercier : par politesse.
Parce que quand on donne quelque chose ou du temps à un ami, il se doit de remercier : par reconnaissance.

Il est vrai que la merci (du latin merces) fut un salaire, le prix de la liberté payé au seigneur. Il reste malheureusement empreint de cette notion d’être redevable. D’ailleurs, dans d’autres pays, comme le Portugal, on est finalement « l’obligé » de celui qui nous rend service ( « Sou obrigado/a »).

Cela se retrouve aussi dans l’expression « être à la merci de quelqu’un ».

En d’autres termes, on a intégré depuis des générations que celui qui donne détient un pouvoir sur la vie d’autrui.

 

  1. La Politesse: Remercier en vertu des conventions sociales contribue peut-être à préserver le lien, mais je ne suis pas convaincue de l’utilité de la chose. Peut-être avez-vous entendu parler de guerres provoquées par une absence de remerciement ? Auquel cas, je veux bien que vous m’en comptiez l’histoire … En effet celui qui remercie, de nos jours, n’en tire rien, n’est pas plus libre qu’auparavant. Celui qui reçoit le remerciement ne perçoit aucune somme, aucun pouvoir … Alors ? Être poli, par définition, c’est être lisse, sans aspérités, conforme à ce qui est attendu de vous. C’est avoir ce comportement qui n’est en rien le respect dû à l’autre ni même à soi, mais une simple application de codes.
  2. La Reconnaissance: Remercier pour dire que l’autre a eu un impact dans votre vie. Être remercié pour que son acte soit reconnu comme impactant la vie d’autrui. Mais n’est-ce pas nourrir notre égo ? Se sentir redevable, mais jusqu’où ? Jusqu’à quel point ? Combien de temps traîner cette culpabilité ? Je n’aime pas les fêtes, type Fête des Mères où on incite à être redevable envers celle qui nous a donné la vie. Sur quelle base mesure-t-on la reconnaissance ? Quand cesse-t-on d’être reconnaissant pour le don ? Peut-on être reconnaissant pour tout ? Et puis, être continuellement reconnaissant, n’est-ce pas un peu vivre le regard tourné vers le passé, vers le moment impactant ? Comment avancer, évoluer, progresser dans la vie en portant ce fardeau de la reconnaissance ?

Car justement, être à la merci signifie aussi « pouvoir compter sur la miséricorde ».Il s’agit de cette bonté qui relève l’Homme dans sa dignité, qui le revêt d’amour. La miséricorde est la disposition du cœur qui pousse à venir en aide à celui qui est dans le besoin.

Finalement, dire merci devrait signifier «rendre grâce pour la miséricorde accordée ». Si reconnaissance il devrait y avoir, ce serait la reconnaissance de la grandeur d’âme de celui qui donne. Or celui qui donne avec miséricorde, avec amour, n’attend nulle reconnaissance, nulle flatterie de son ego.

 

Cependant, force est de constater que cette miséricorde ne provient pas toujours de quelqu’un vers qui on s’est tourné. Ce besoin viscéral de remercier, de rendre grâce, peut être suscité par une situation, un paysage, une émotion, quelque chose de totalement immatériel. Et là que faire ? Se taire ? Puisque aucun code n’impose de remercier l’arbre pour son ombre durant les heures ensoleillées du jour…

N’as-tu jamais baigné dans un état de paix mêlée à une joie profonde, le cœur battant à tout rompre avec cette envie irrépressible de dire « merci » ? N’as tu jamais goûté cette sensation que tout est en place et toi à sa place ?

Car c’est ça vivre la miséricorde. C’est ça ressentir la justice. Et cette émotion envahissante et chaleureuse, c’est la gratitude.

 

J’ai choisi de commencer ce blog en témoignant ma gratitude

Je suis heureuse de vous accueillir ici.

Je vous remercie de votre confiance, pour le temps que vous passerez à me lire, pour les questions que vous me poserez et l’enrichissement mutuel de nos échanges.

Je remercie ceux qui m’ont encouragée, soutenue, fait bénéficier de leurs dons et talents.

Je remercie le temps qui a façonné ma pensée, qui m’a formée.

Je remercie les épreuves que j’ai endurées pour être ici et maintenant, comme ça, près de vous.

 

Merci spécial à

G3no, l’autre géniteur, de ce blog

Romain, mon graphiste tout rose qui fait aussi de beaux bébés

Rosalie pour son regard bienveillant  et ses conseils experts

 

Pour tout cela, merci …

 

 

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About the Author

Djeffa TISSERAND Juriste depuis 2003, je propose une approche holistique de la Justice. Je vous accompagne dans un apprentissage de vos valeurs, pour les affirmer et tisser des relations justes, dans tous les domaines de votre vie

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